Une vie de rêve.

Tout a commencé un jour de septembre, en banlieue parisienne, dans une grande salle rectangulaire pompeusement nommée amphithéâtre pour l’occasion : « l’amphithéâtre de garnison ». On était 700 étudiants ce jour là, passant un par un depuis le matin, pour choisir tour à tour notre future ville et notre future spécialité. Ils défilent : les copains, les inconnus, les stressés, les indécis qui passent mille coups de fil avant d’annoncer leur choix au micro et qui reviennent encore changer leur choix après-coup ; les sûrs d’eux avec lesquels ça va beaucoup plus vite, les futurs généralistes, chirurgiens, psychiatres, anesthésistes, internistes, cardiologues, néphrologues, pédiatres…
Pendant ce temps, les noms défilent sur le tableau du milieu, en blanc sur fond bleu. Et les postes restants sur les côtés, en noir sur fond blanc. Je tiens ma feuille en essayant de ne pas trembler, de me donner une contenance. Je coche les postes de pédiatrie qui partent, quelle que soit la ville. Je coche. Je marque le rang de classement à côté. Je regarde les changements par rapport aux pré-choix sur internet. C’est à la fois long et terriblement rapide, ce décompte, quand on ne sait pas vraiment où aller.
Ma spécialité, je l’ai déjà choisie. Ce sera pédiatrie. Je le sais depuis ce jour de D3 où j’ai posé mon premier pied d’externe à l’hôpital des enfants. J’étais arrivée en retard, comme d’habitude, et j’étais tombée sur six externes assis dans une salle d’attente de patients, en face d’une grande brune échevelée en baskets hello kitty qui leur martelait des consignes. J’ai demandé mon chemin : « La Pédiatrie E s’il-vous-plait ? ». La grande brune était la chef de service. J’aurais pu mourir de honte, mais non, elle m’a juste demandé mon nom, l’a retenu, et a continué avec ses conseils et instructions : ce serait un stage difficile, il faudrait beaucoup bosser, donner de son temps, accepter de sortir tard, être irréprochable lors des staffs… et puis aussi former un bon groupe d’externe et s’entendre bien entre nous. A ces conditions, nous aurions un bon stage.
Personne n’a été déçu. Trois mois plus tard, nous étions tous en pleurs de devoir partir. Je crois bien qu’elle aussi. Et encore aujourd’hui, quand ça ne va pas, j’envoie un message à la dame en question.
Mais j’ai eu une vision biaisée de la pédiatrie. Celle où les gens travaillent en équipe, où l’on écoute les puéricultrices et les auxiliaires parce que tout le monde sait qu’elles sont plus proche des patients que les médecins, où on passe plus de temps auprès des patients qu’en réunions, et où les internes sont martyrisés et épuisés mais heureux. La version bisounours. Ca m’allait très bien.
Le jour de l’amphi de garnison, j’ai choisi cette spécialité là, et pour la ville, j’ai plongé dans l’inconnu.
Et pour l’instant, je m’en mords un peu les doigts.
C’est d’ailleurs pour ça que je ne dis plus rien depuis longtemps sur ce blog : la seule histoire que je voudrais vraiment raconter, je ne peux vraiment pas l’écrire. J’ai trop bien en tête Vieux Félin qui a perdu son boulot pour l’avoir trop bien décrit*. Il faudra donc me croire sur parole : je suis entourée de personnes terribles sur le plan médical et sur le plan humain, qui me minent le moral à chaque seconde.  Et chaque seconde pendant six mois de stage, autant vous dire que ça fait un tout petit peu long.
Je pourrais vous raconter mon arrivée à l’internat. Ce bâtiment froid, moche, puant la clope à plein nez, où j’ai finalement pu avoir une chambre aux vitres fêlées une semaine après le début du stage. Chambre où je suis restée cloitrée les premières soirées, sans même oser descendre pour manger, clouée devant mon twitter par des angoisses venues de nulle part. Eh oh, chacun ses névroses, hein ! Depuis, j’ai rencontré mes « colocataires » et ne vous en faites pas, ils sont très sympas.
Je pourrais raconter  mes tous premiers jours d’interne, semblables à tous les premiers jours d’interne, je suppose. Où terrassé par trop d’excitation et d’angoisse tu réalises que tu ne sais plus rédiger – au choix – une ordonnance, un bon de transport, un certificat quelconque… et que tu n’as jamais appris à dicter un courrier ! Les premiers staffs interminables où tous les chefs semblent parler chinois. Où tu te dis que vraiment, à quoi ça sert d’avoir déjà fait autant d’études si c’est pour ne pas comprendre de quoi ça parle au staff de ton service ! Et les premiers patients (et parents !). Les pénibles, hyper exigeants, reprochant tout à l’équipe, à tes prédécesseurs, et par avance à toi qui va forcément faire des conneries. Les gentils qui te remontent le moral rien qu’avec leur « merci ». Les désespérés qui pleurent devant toi alors que tu ne sais pas quoi dire et qu’il te reste dix-huit patients à onze heure et quart. Et surtout, surtout ceux qui ont un milliard de questions et qui les ont réservées exprès pour toi. Toi qui débutes depuis 12, 36 heures ou quatre jours et demi et qui essaies de recomposer ta tête d’ahuri pour être un peu présentable quand tu réponds : « Bin j’en sais rien, je vais demander à mon chef et je vous dis ». Les gens, ils ont beau voir que t’es hyper jeune et pleine de couettes**, ils ont pas peur…
Très vite, quelque soit ton stage, tu as des cernes jusqu’au menton, tu sais tous les numéros utiles de l’hôpital par cœur, tu as les bras hyper musclés à force de trimballer des piles de dossiers plus hautes que toi, tu connais les noms de toutes les puèr., de jour comme de nuit, les auxi, les secrétaires et les prénoms de leurs enfants… et surtout, surtout, tu sais que s’enfermer dans les toilettes pour pleurer EST une solution, transitoire certes mais valable, aux problèmes insolubles.
Mais une des grandes vraies nouveautés que j’ai dû découvrir avec le début de l’internat reste le travail avec cette espèce mystérieuse : les externes.
C’est étonnant un externe : j’étais persuadée que, comme j’en avais été une, et parce que j’aimais à la fois la pédiatrie et le fait de transmettre mes connaissances, j’allais tout de suite réussir à leur apprendre des trucs. Même, je pensais qu’on allait faire du bon boulot ensemble. Je leur avais apporté des cas cliniques, repêchés avec amour dans des classeurs de D4 que j’aurais préféré enterrer.  J’étais jeune et pleine d’enthousiasme,  je voulais leur faire des confs, des cours, j’avais plein de projets….
Et je ne suis tombée jusqu’à présent que sur de désespérants spécimens. Un rebelle à l’autorité avec lequel je me suis copieusement engueulée, une très (trop) gentille en frange-ballerines qui met une matinée pour écrire une demi-observation, des garçons absents (physiquement, ou dans leur tête), des filles studieuses en manque complet d’initiative…  Pas un pour rattraper l’autre. A tel point que je me dis que c’est moi qui ne sait absolument pas m’y prendre.
Enfin, pour résumer ? Ah oui : le début de l’internat, c’est génial sur tous les plans. Vraiment, non, vraiment, on se fait trop plaisir, on s’éclate. Et je vous ai pas dit aussi que les repas étaient dé-li-cieux et qu’on sortait suffisamment tôt pour faire la fête tous les soirs ? Ben voilà. La vie de rêve, en somme.
Ceci était un message pour ne pas décourager la jeunesse courageuse qui travaille.
La prochaine fois, je vous parlerai de mes merveilleuses gardes où les parents savent souvent mieux que toi ce qui est bon pour leur enfant. En matière d’antibiotique ou d’aérosols bien sûr, mais surtout quand il s’agit de partir six semaines au Cambodge sans chimioprophylaxie, avec des moustiquaires pour les adultes mais pas pour les enfants. Par exemple.
* Si vous ne la connaissez pas, allez la découvrir tout de suite : http://vieuxfelin.com/ … en commençant par exemple par là.
** Selon l’expression désormais consacrée. Comment ça, elle est pas consacrée du tout ?? Ok ok, tant pis, Jaddo, tu as le droit de réclamer des droits d’auteure si tu veux!
Edit du 08/03 : rajout du lien vers un article sur mon fameux stage de D3 : c’est là.
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A propos openblueeyes

Apprentie docteur en pédiatrie.
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22 commentaires pour Une vie de rêve.

  1. Gromitflash dit :

    Mine de rien ça a l’air à la fois passionnant et horrible.
    Je me dis que je suis content d’être en sage-femme, juste pour ne pas avoir à vivre un internat. Et en même temps je regrette un peu parfois.

    Bon courage et écris nous encore beaucoup de choses !

  2. nfkb0 dit :

    Courage !

    La pédiatrie est un univers que je trouve difficile… ça ne me plait pas il faut être clair. Et contrairement à toi, je me suis retrouvé avec des fascistes en stage d’externe qui ne m’ont pas convaincu du tout… mesurer des PC à longueurs de journée, c’était trop bien…

    Il faut peut être essayer de trouver du soutien parmi les internes plus avancés dans le cursus qui pourront te rassurer quant à l’évolution, la possibilité d’autres stages, notamment en périph, etc. non ? Une équipe ne ressemble pas forcément à une autre ?

    Courage !

    Quant aux externes… c’est effectivement complexe à gérer en plus de toutes les autres tâches médicales… on ne nous enseigne pas de nous occuper d’eux avec un niveau élevé de priorité, du coup ils se transforment en LDLox qui ne font que s’agréger en plaque dans les couloirs des services… triste… Mais mais mais ! il y a parfois des étudiants qui dépassent ces problèmatiques et renvoie une sorte d’image positive de l’avenir de la médecine, il faut savoir positiver pour ceux là :) (et après quand on aura plus de courage on recommencera avec les autres)

    bye

  3. stéphane dit :

    Pas facile le premier choix d’interne, mars c’est le moment où on arrive à faire le bilan, on commence à sortir la tête de l’eau et on commence à en avoir marre de tout dans ce putain de service ou rien ne va et si on était chef on ne ferai rien comme il font et puis un jour on deviens chef et on comprend mieux mais on se dit que quand on sera super chef on fera différement et on devient superchef et on se débrouille comme on peut.
    C’est un peu comme quand on passe d’externe à interne, on est externe et on pense que tous des cons ceux au dessus quand on sera à leur place on fera mieux et puis arrivé là on voit les externes comme la majorité sont des moules abandonnées sur la rive qui attendent qu’on vienne les ramasser, qui ne se bouge surtout pas pour aller bouffer du patient car c’est pas important de bouffer du patient, ce qui est important c’est le classement à l’ECN.
    C’est pas facile, on pense toujours qu’en avançant ce sera plus facile, en fait non c’est toujours plus difficile plus de responsabilités de charges de gens qui attendent de vous des réponses, quand on est interne on a toujours un chef à qui poser des questions, quand on est chef on a un agrégé à qui poser des questions et puis un jour on devient le dernier à qui on pose les questions, celui qui doit choisir. C’est là ouù on est content d’avoir encore un chef même si il n’est pas facile à vivre.
    C’est pas facile la vie hospitalière mais je trouve que c’est quand même passionnant et enrichissant si tout le monde y met du sien.
    Bon courage et écrivez, ça fait toujours du bien. Si vous avez besoin de conseil pour la ped et en particulier la nephro ped n’hésitez pas à me contacter, j’ai failli faire ce métier, alors je connais pas mal de gens dans le milieu.

  4. melul dit :

    ahlala! le bon temps!
    ce fut mon premier stage de médecine générale: urgences pédiatriques.
    il faut dire que ce fut extrêmement formateur, bien plus que tous les autres stages que j’ai pu pratiquer ensuite.
    par contre ce qui me faisait tenir c’était de ne pas être interne en pédiatrie et d’être de ce fait, plus indépendante que les autres, en bref de ne pas me laisser broyer…
    mais plus formateur, y a pas!
    courage!

  5. celine_r83 dit :

    Argh! courage!
    j’ai fait un semestre en service de pédiatrie dans un grand CHU (je suis interne en médecine générale), ça a été mon pire stage, tout comme tu dis!! J’ai perdu 5 kg, que seule une grossesse a réussi à me faire reprendre! Mais au final, qu’est-ce que ça m’a été formateur! dur,oh ça oui, mais formateur sur pleins d’aspect (et pas que médicaux finalement). J’étais avec des internes en pédiatrie, qui en bavaient aussi, mais qui avaient pris de l’assurance avec les semestres. Ca sera ton cas aussi, j’en suis sûre. Certaines avaient eu la révélation en néonat, d’autres en stage de périphérie, d’autres encore dans des spé pédiatriques complexes…

    Courage mais pense vraiment à l’après (après ce stage, puis après l’internat!), même les expériences négatives sont formatrices!

    Céline

    PS: j’avais les mêmes externes, mais ils préféraient me négliger car je n’étais QUE l’interne en médecine générale…

  6. SoleilDeMarseille dit :

    Dans mon cursus de médecine générale,j’ai eu la chance de pouvoir choisir beaucoup de pédiatrie,CHU ou périphérie.Pédiatrie l’hiver, c’est dur,mais ayant aussi fait urgences adultes (l’hiver aussi hein c’est mieux ) c’est tout aussi dur physiquement.
    Par contre en pédiatrie je dirai que l’humain existe encore de manière généralisée,alors qu’en médecine adulte beaucoup moins.
    Les choix de pédiatrie l’été sont beaucoup plus allégés,tu pourras peut être « souffler » un peu ?

  7. mamanpoissons dit :

    Ah oui, le début de l’internat c’est un peu rude, et c’est en général pas comme on l’avait imaginé. Mais tu verras, on s’adapte, on se fait des amis, et on fini par trouver le temps de sortir un peu la tête hors de l’eau … Et puis si finalement la pédiatrie c’est pas ça, tu as encore le temps de changer de métier ….

  8. openblueeyes dit :

    Merci beaucoup à tous, vos commentaires me font chaud au coeur !

    > Gromit’ (je peux t’appeler Gromit’ ?) : faut pas regretter, sage-femme est un trop beau métier. Franchement, j’aurais connu les salles d’accouchement avant ma D4, je crois que j’aurais fait sage-femme. J’étais bien trop avancée dans le cursus pour changer, et il y avait beaucoup trop de chirurgie dans le boulot de gynéco, mais j’ai été complètement enchantée par mes passages à la maternité. Je prenais plein de gardes de 24h (oui oui, en D4) et je me faisais passer pour une étudiante sage-femme pour pouvoir tout faire (le synto, les bilans, la préparation, l’accouchement à quatre mains si possible, l’accueil du bébé)… beaucoup de bons souvenirs :)

    > nfkb : merci beaucoup pour tous ces encouragements! J’ai en effet beaucoup de soutien auprès des internes plus vieux, et tous mes prochains stages promettent d’être mieux. Je suis juste mal tombée pour le premier, mais je tiens le coup pour voir le reste. J’aime la médecine et la pédiatrie, je devrais bien pouvoir trouver un service qui me rende heureuse! Et pour les externes, je grossis un peu le trait, il y en a qui se détachent effectivement. Mais pour eux comme pour les autres, un des problèmes principaux est qu’ils sont beaucoup trop nombreux pour pouvoir voir assez d’enfants et du coup s’investir vraiment dans le stage et voir leurs propres progrès. C’est vraiment dommage.

    > Stéphane : toutes mes réactions en mail, mais encore merci.

    > Mélul : Contente de voir un futur mg qui aime la pédiatrie et qui a reçu une bonne formation! Mais as-tu eu aussi un bon stage de gynéco ? Il y a des tas d’endroits en France où il faut choisir entre un stage pédiatrie et un stage gynéco pendant l’internat de MG, c’est regrettable je trouve, non ?

    > Céline : Rhaaa merci merci vraiment ! Je vais me copier coller ce message et le relire tous les matins pendant le staff-inutile-du-jour, ça améliorera mon humeur pour la journée!

    > SoleilDeMarseille : C’est vrai que cet été ça sera forcément mieux. Côté fréquentation de l’hôpital mais aussi côté « mise à l’épreuve de ma résistance physique » Parce que j’ai oublié d’en parler, mais le premier hiver en pédiatrie, c’est de toute façon horrible pour le système immunitaire ! Après un an enfermée chez moi à bosser mon concours, bien à l’abri de tout germe potentiel, je me retrouve exposé à une armée de virus & bactéries. Mais c’est bon, je pense que je les ai tous faits, que j’ai eu mon quota de fièvre, de toux insomniante et de troubles du transit, maintenant je peux espérer une suite plus clémente!

    > mamanpoissons : C’est ça, pas comme on l’avait imaginé. Ni comme on me l’avait décrit, d’ailleurs ! Mais l’adaptation est en cours, ça va aller mieux très vite normalement :)

  9. Mistinguette dit :

    Et bien moi, je suis chaque jour avec des internes, que je tente de maîtriser et d’éduquer mais… ils ont entre 8 et 9 ans !
    Je parle de mes élèves, bien sûr, en internat toute la semaine :o)
    Et même si ma classe est très difficile cette année, je ne comparerai pas ton univers impitoya-a-ble au mien !
    Bon courage. Et heureuse de pouvoir te lire à nouveau.

  10. Flo dit :

    Bon courage Marie, sincèrement!

    (un billet comme un D4 n’aime pas en voir, mais bon, c’est ça la VRAIE vie malheureusement…)

  11. Barbara dit :

    et ben alors j’arrive un peu plus tard que les autres
    alors juste un mot mais sincère :
    courage

    heureuse quand même d’avoir de tes nouvelles

    prends soin de toi (oui je sais facile à dire )

    mais c’est ce que tu aimes
    ce que tu as choisis
    ce qui t’anime
    tu y arriveras
    ça ne fait aucun doûte

    et tu seras encore plus merveilleuse avec tes patients après toutes ces épreuves

  12. NP dit :

    Bonjour,
    Quand on a commencé par le meilleur ça fait un choc de tomber dans du moins bien. Mais ça ne fait pas de mal si on n’y reste pas, on sait au moins où on veut aller et comment on veut travailler, on sait que quelque part il y a des gens à qui on veut ressembler et qui y sont ouverts (vivent les grandes échevelées…).
    Alors courage, sois ambitieuse pour toi et tes patients, et continue d’écrire.

  13. Chère OBE,
    Moi yen a rien connaître au fonctionnement hospitalier. Pour en avoir « profité » (modérément, pour le moment) de l’autre côté de la barrière du lit du malade, je dirais que ton malaise me rassure.
    Sinon, un jour où j’étais particulièrement pas dans mon assiette, quand j’avais vingt et quelques années, une dame d’une quarantaine et quelques d’années, comme j’ai maintenant, quoi, m’a dit un truc qui m’a beaucoup servi depuis dans les moments de doute. Elle a dit ceci : « Quand tu commences un truc nouveau (conduire, un nouveau job, une nouvelle ville, une nouvelle école…), pendant un mois c’est dur, puis tu te rends compte que tu commences à trouver tes marques, et au bout du 3e mois, tu es comme un poisson dans l’eau. »
    Ca a marché plein de fois pour moi. Faut dire que j’ai pas essayé à l’hosto.

    • Yop dit :

      Le problème c’est qu’après trois mois, on change de stage…

    • openblueeyes dit :

      C’est mon 1e essai dans les commentaires « imbriqués », donc soyez indulgents avec moi si ça s’affiche n’importe-où!
      @Yop : Heureusement, les stages d’interne durent 6 mois, ça laisse le temps d’être un peu à l’aise :)

  14. Mlle Lune dit :

    J’ai quelques pas d’avance sur toi, juste quelques uns. Et même si lors de mon premier poste j’étais entourée de collègues adorables et de chefs soutenants et présents et que même croulant sous le boulot l’ambiance a toujours été bonne, je retrouve plein de sensations dans ton post. Comme quoi les débuts sont durs pour tout le monde, quelles que soient les conditions! Mais j’ai eu une chance que je te souhaite pour la suite, je pleurais pas dans les toilettes mais sur l’épaule des autres internes…
    Et puis si ça te rassure, rapidement tu te sentira moins perdue et moins perméable à tout ce que tu vis! Bref, courage!

  15. Knackie dit :

    Courage ! Et si le stage était sympa, il ne serait pas accessible aux premiers semestres ^^

  16. Fluorette dit :

    Choisir une spé en y ayant passé quelques mois c’est quand même une aberration! (et je ne parle pas de la MG où je n’avais jamais mis les pieds avant le choix, sauf en tant que patiente bien sûr)
    Un premier stage d’interne c’est pas évident, la marche avec l’externat est haute et se créer une nouvelle vie c’est dur. Mais vivre à l’internat c’est aussi se créer des contacts et des souvenirs pour la vie (ça fait vieux de dire ça mais je n’y ai vécu que 6 mois, pendant mon stage de pédiatrie justement et c’était tellement bon). Tous les stages sont influencés par l’ambiance et l’équipe. Plus les rapports sont bons, plus la formation est efficace, c’est tout bête.
    La pédiatrie ce n’est pas évident tous jours parce qu’il y a plus de monde à gérer : l’enfant, ses parents, parfois un autre membre de la famille ou une nounou… Mais finalement un gamin c’est pas compliqué à comprendre, c’est un peu animal, ça ne calcule pas, c’est rarement manipulateur. Si tu veux toujours faire ça malgré les difficultés c’est que tu es vraiment faite pour ça alors continue!
    Il y aura d’autres stages, plus ou moins agréables, plus ou moins formateurs, plus ou moins faciles au niveau relations avec l’équipe. Bon courage!

    Je me rappelle l’oncopédiatrie, ça m’avait remué sacrément moi qui n’aimais pas les enfants. Stage d’autant plus violent que le grand chef était une sacrée enflure. Les urgences pédiatriques après c’était de la rigolade. Et puis finalement j’aime bien ça.

  17. shakespire dit :

    La route que vous avez décidé de suivre sera non seulement longue, tortueuse, et pleine de rebondissements…Mais tout à votre honneur et courage.
    Tout est dans la course du temps : temps que l’on a pour soi, et, temps que l’on donne pour les autres.
    Si déséquilibre il y a – et forcément il y en aura – entre ces deux bras de la balance, cela vous poussera à ces moments de doutes et d’incommensurables renoncements qui seront – fort heureusement – balayés par la force motrice princeps qui vous a mené là où vous êtes.

    Carpe diem…
    Shakespire

    PS : j’ai découvert par hasard votre blog (grâce à « Stéphane » surtout) et je ne le regrette absolument pas !
    Continuez et persistez : votre humanisme fera le reste …

  18. eosine dit :

    Je trouve ça super douloureux de lire ça en tant que parent d’enfant malade, sûrement étiquettée « chiante » parce que pharmacienne et posant des questions, et aussi accessoirement parce que la cystographie a manqué de peu de tuer mon fils, et qu’ensuite tous les soignants nous ont menti pendant 3 mois, et 4 hospitalisations, ce qui fait que j’ai un poil moins confiance, étrangement.

    Ce n’est pas toujours un choix de passer sa vie aux urgences ou à l’hôpital pour rien, et de subir les remarques à 2 balles et les conseils que l’on n’a pas demandé de Germaine, auxiliaire depuis 30 ans.

  19. yann dit :

    Alors, tu te remets un peu?
    C’est la dernière ligne droite, plus que qq semaines avant la quille!
    Bon courage pour la suite!

  20. C’est touchant et bien écrit. Bravo !

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