La guerre à la BU !

La Bibliothèque Universitaire, aussi nommée BU. Pour un étudiant en médecine normalement constitué, je crois que ça deviendra bientôt une nouvelle expérience scientifique ou mystique. Dangereuse et irréelle.
Hier, j’ai eu le malheur d’y arriver à 13h01. Ou 12h58, heure locale (la BU est une planète particulière).
A l’heure où l’externe moyen sort de l’hôpital et se met en quête de nourriture pour son cerveau affamé, avant de se plonger dans ses bouquins pour l’après-midi.
[NDLR : Externe : Etudiant salarié de l’hôpital à moins d’un euro de l’heure, il suit une formation médicale de pointe (ranger les examens complémentaires, recopier les bilans biologiques depuis l’ordinateur sur les feuilles du dossier du patient, appel au médecin généraliste qui a encore oublié des détails dans son courrier…), et réalise des gestes techniques poussés (des Electro-Cardio-Grammes). C’est presque tout. Sauf si on a un chef sympa, mais c’est une denrée rare.]
Bref, à cette heure-ci, celui qui n’a pas réservé sa place à la BU, il est foutu. Il peut rentrer chez lui, c’est trop tard, fini. A moins d’avoir été à Lourdes ou prié longuement la Vierge Marie, je ne vois pas.
On le sent dès l’arrivée là haut : au 5e étage (notre BU n’a que 3 niveaux : le rez-de-chaussée, le 3e, et le 5e… encore un coup d’un savant fou !), l’odeur est celle de la transpiration de neurones. Et des « P1 », qui n’ont même pas honte de venir piquer des places à cet étage réservé aux années supérieures.
Un silence approximatif y règne, entrecoupé par des vrombis de portable, la porte des toilettes qui grince, et le bruit de ceux qui se lèvent petit à petit pour aller manger. En prenant évidemment soin de laisser leurs livres ouverts bien en évidence sur la table.
Bien sûr, il FAUT que la dermato prenne l’air, elle sera certainement plus digeste après.

Vous l’aurez compris : Toutes les places qui paraissent « libres » sont en fait réservées. Un sac sur la chaise, de gros bouquins et des stylos. Partout. A chaque chaise de chaque coin de table. De quoi désespérer le plus motivé des futurs médecins.

D’habitude, je fais partie de ces têtes à claques qui s’étalent sur les tables universitaires. Cette année, comme je redouble, je suis privée de stage,  donc j’arrive avant les autres et m’offre le luxe d’un travail théorique dans de bonnes conditions. Bon, ça me coûte plus cher en café, mais la qualité de concentration n’a rien à voir avec celle de mon bureau, juste à gauche de mon ordinateur, dans mon 19 m² du CROUS. J’avoue.
Mais je suis rusée, et hier, malgré mon arrivée tardive, j’ai repéré LA place. Celle du gars qui avait prévenu son pote qu’il ne reviendrait qu’à 16h. Pfff, tout le monde SAIT qu’à 16h, le rush sera passé, et il y aura à nouveau quelques espaces vitaux à s’approprier.
Alors j’ai posé mon gros sac à dos, mes fiches, mes stabilos, ma bouteille d’eau, et mon parapluie dans les centimètres carrés auxquels je pouvais prétendre. J’ai marqué mon territoire mieux qu’un matou en rut (rût ? zut…), et je suis allée au RU.
Le Restaurant Universitaire, tout une histoire là aussi.
Mais ce n’est rien comparé au parking.
Le parking… un désastre de gaspillage massif de pétrole à force de va-et-vient entre des allées désespérément pleines. Les trottoirs, les places handicapées, les places qui-n’en-sont-pas et même jusque dans l’herbe par endroits. Les citadines tout-terrain des étudiants, je suis sûre qu’on pourrait faire une thèse là-dessus…
J’ai donc fini par me garer hors de la fac, à 10 minutes (à pied) de chez moi, et 15 de la BU.
Un carnage, je vous dis.
Il paraîtrait que certains étudiants trouvent que l’augmentation du nombre d’étudiants en médecine s’est faite trop rapidement. Ceux qui se plaignent de la sorte disent que les facultés n’ont pas pu adapter leur infrastructure. Ils vont jusqu’à avancer qu’il en serait de même dans les stages hospitaliers, où ils se retrouveraient à 27 pour un stage où ils étaient 9 il y a tout juste 6 ans.
Moi je dis : s’ils étaient vraiment si nombreux, ils finiraient plus vite leur travail et ils arriveraient à l’heure à la BU, non ?
Quels réactionnaires, ces étudiants….
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A propos openblueeyes

Apprentie docteur en pédiatrie.
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2 commentaires pour La guerre à la BU !

  1. openblueeyes dit :

    Et voici les commentaires laissés sur canalblog avant le déménagement :

    1. La BU, un endroit que j’aimais pas trop du temps de la fac…je savais jamais ou garer la caboche pour activer les neurones…!^^
    – Posté par elodie, 11 avril 2008 à 18:38

    2. Merci de ton message réconfortant sur mon blog !!
    Ah la BU, je n’y passais que pour emprunter des bouquins, je bossais beaucoup mieux chez moi ( à plat ventre sur le lit de ma cité U entourée de mes cours)
    – Posté par P’tite maikress, 16 avril 2008 à 11:33

    3. Que de bons souvenirs!
    Moi j’evitais cette BU (ce doit etre la meme que toi :le coup des etages 1-3-5, m’a souvent laissée perplexe).
    Mais en arrivant à la Capitale pour mon residanat, j’ai pris plaisir à aller à la BU de l’Odeon, le cadre est superbe, on peu revasser à loisir dans les vieux murs…
    Bon courage!
    PS: sympa ton blog ça redonnerai presque envie de repartir qq années en arriere… Mais non, c’etait vraiment trop nul ces stages d’externes et ces cours magistraux dans ma fac viticole! J’ai dû louper qqchhose surement!
    C’est mieux apres ;-)
    – Posté par Stef, 17 avril 2008 à 13:23

    4. J’aime bien lire ton blog…
    – Posté par Nhan_hien, 29 mai 2008 à 00:07

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